Dieu est mort. Vive le sport.

Publié sur voxdei il y a 20 ans, cet article propose une réflexion critique sur le football, le sport-spectacle et leur place grandissante dans nos sociétés.

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Zinédine Zidane, quasiment déifié après la victoire de l'équipe de France en 1998...

Aucun évènement dans le monde, passé ou présent, ne rassemble autant de personnes que… les compétitions de football, et les compétitions sportives au sens large. Que ce soit dans les stades ou derrière le petit écran, la communion mondiale est désormais possible. Il vous intéressera sans doute de savoir que c’est un Français qui créa la fameuse « Coupe du monde ». Mais jetons un œil sur ce que cache le sport, et en particulier sur la surmédiatisation du football.

Dieu est mort, vive le sport. La première caractéristique essentielle de l’olympisme ancien aussi bien que de l’olympisme moderne, c’est d’être une religion.

Baron Pierre de Coubertin

Les origines occultes du football

Si les Anciens (Grecs, Perses, etc.) avaient déjà leur jeu de balle, il est un jeu qui se rapproche plus du football moderne : c’est le jeu de balle des rois mayas. Dans bon nombre de cultures précolombiennes, ces jeux de balle pouvaient être joués par des amateurs, des professionnels ou des dignitaires, mais nous allons nous intéresser à l’aspect rituel de ces parties : elles étaient censées représenter la victoire de la vie sur la mort.

Le jeu se tenait sur un terrain dont la taille variait de celle d’un court de tennis à celle d’un terrain de football moderne, et représentait un miroir du ciel, une représentation astrologique. Les rois et nobles adverses capturés lors de conflits devaient combattre avant d’être mis à mort. Ces cultures pratiquaient largement les sacrifices humains pour se concilier les faveurs de leurs dieux. Un de ces sacrifices de masse est tristement célèbre puisqu’il consista dans la mise à mort de 80 000 personnes, hommes, femmes et enfants. Les jeunes filles, qui considéraient la mort sacrificielle comme un honneur, étaient décapitées debout alors qu’elles dansaient pour leur divinité. Dans ce jeu de balle maya, la balle était en caoutchouc, une matière sacrée qui servait aussi à guérir certaines maladies, et qui servait surtout à établir le contact avec les astres et les divinités supérieures.

Quel était donc l’objectif du jeu ? Sur « l’écran » du terrain, le ballon servait d’oracle et, par sa position, donnait des « prophéties » sur l’avenir ou les calamités éventuelles (sécheresses, famines, etc.) qui attendaient le peuple. Le prêtre mettait alors à mort par décapitation un nombre plus ou moins grand de victimes pour contenter les dieux courroucés (vous trouverez plus de détails sur cette page : Le jeu sacré du peuple maya). Le football moderne n’est pas aussi éloigné de cette antique idolâtrie qu’il y paraît…

Le culte des héros

Si, comme on l’a dit, c’est à un Français que l’on doit la création de la Coupe du monde de football, tous les quatre ans, c’est aussi à un Français (le baron Pierre de Coubertin) que l’on doit la résurgence des Jeux olympiques, en 1896. Le sport est, étymologiquement, « un moyen de passer le temps agréablement ». Je connais un moyen de passer le temps agréablement : c’est la conversion, l’action de se tourner vers l’intérieur en se repentant de ses péchés, au lieu de se divertir pour les oublier, et de rendre grâce à Dieu en toutes choses ; c’est ainsi que l’on a une vie bien remplie de choses saines.

Mais le sport, c’est aussi, étymologiquement, ce qui est pratiqué « en dehors des portes » de la ville, auxquelles on remettait les clés aux héros vainqueurs. Le baron de Coubertin (qui ne faisait d’ailleurs pas mystère de son homosexualité, c’est dire s’il était un « visionnaire en avance sur son temps »), préparant le culte de notre âge, disait une chose très révélatrice : « La première caractéristique essentielle de l’olympisme ancien aussi bien que de l’olympisme moderne, c’est d’être une religion. »

Cela se comprend nettement lorsqu’on voit la flamme sacrée partir de l’Olympe et parcourir les nations en signe d’unité mondiale (lire l’article sur paganisme et olympisme). Lorsque notre pays porta en triomphe ses héros, les footballeurs de l’équipe de France en 1998, elle les fit passer à travers son Arc de Triomphe, les portes de sa capitale, pour leur en remettre les clés symboliques.

La coutume antique de l’apothéose (action d’élever au rang de dieu) est toujours vivace : il s’agissait réellement de plus qu’un acte de ferveur populaire, mais d’un acte religieux. Si cette lutte pour la meilleure place du podium vient de la pensée grecque, elle est totalement étrangère au royaume de Dieu. Même si l’apôtre Paul la cite en exemple pour nous stimuler (dans son épître aux Corinthiens), le plus grand parmi nous doit choisir de prendre la dernière place, et le Seigneur se plaît à nous placer en échec pour que « cette grande puissance soit attribuée à Dieu et non à nous ».

L’impact du stade sur le psychisme humain

Il existe des lieux, bâtis par des confréries ésotériques, qui modifient le comportement des personnes. Nous en avons déjà parlé : les bâtiments que l’on nomme « églises », construits sur des plans occultes, de style roman, donnent à l’homme une sensation de sein maternel, de sécurité, alors que ceux de style gothique donnent une impression de grandeur divine, d’écrasement et de petitesse de l’homme. Le comportement des individus qui sont placés sous leur influence se trouve modifié : il en va de même pour le stade. Sa forme circulaire fait immédiatement référence aux arènes antiques (le Parlement européen aussi, d’ailleurs), et son terrain est une métaphore de la vie humaine telle que notre société athée se la représente, où le combattant acquiert par son entraînement et sa persévérance des armes pour écraser les plus faibles et tirer de la vie le meilleur à tous niveaux, pour lui seul et égoïstement.

Mais le stade et sa disposition sont également tout à fait propices aux phénomènes d’hystérie collective que l’on observe depuis l’époque de la Rome antique. Par milliers, les morts dans les stades se sont comptés, et la moindre bousculade devient dramatique. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, et Furiani ou le Heysel sont parmi les catastrophes les moins meurtrières de leur histoire, puisque les morts ne s’y sont comptés « que » par dizaines. Si la « ola » (les spectateurs qui se lèvent en vague colorée) est plutôt sympathique, son déclenchement quasi spontané est impressionnant.

L’effet hypnotique du stade tient à sa construction circulaire, d’où les sons ne peuvent s’échapper qu’en tournoyant, comme le faisait remarquer le philosophe Umberto Eco. Les stades et leurs chants tournants peuvent provoquer des scènes d’hystérie collective et, dans ces lieux, on sent bien que le « petit peuple » peut devenir une arme dangereuse s’il se retourne contre ceux qui l’utilisent.

Du pain et des jeux

Ainsi, pour pouvoir diriger sans opposition, nos élites achètent la paix sociale grâce à un nouvel opium : le sport. Pierre de Coubertin, encore lui, disait d’ailleurs : « Le sport est le plus grand apaiseur qui soit. » C’est ô combien vrai ! Il suffit à nos dirigeants, pas vraiment démocratiquement élus (6,66 % des inscrits aux dernières élections ont voté pour l’UMP, l’UDF n’a fait que 4,78 % et les socialistes 11,56 %), de jeter au peuple un peu de poudre aux yeux pour lui faire oublier ses malheurs. Même si la vérité reste bien cachée, des liens existent entre l’Opus Dei (une organisation ultra-catholique), le Comité international olympique et les tyrans de la planète.

Qu’ils se nomment Franco, Mussolini, Hitler (qui accueillit les JO en 1936), ou plus proches de nous en Chine pour les JO de 2008, ces grandes manifestations sportives étaient censées saper les fondements des régimes totalitaires. En réalité, c’est souvent l’esprit nationaliste qui en est sorti renforcé, puisque ces manifestations cristallisent autour d’elles l’orgueil des nations, montées les unes contre les autres « pacifiquement », perpétuant le royaume de ce monde : la démocratie, la majorité contre la minorité, le fort contre le faible, la loi du nombre et de la force brute, la seule loi que ce monde connaisse.

Sports et médias

Si le sport se veut facteur d’unité, la réalité est bien différente. Il y a bien le sport du riche (le golf, le polo, le tennis, etc.) et le sport du pauvre (la boxe, le basket et… le football !). Et c’est pour parachever l’abrutissement passif que le « sport roi », le football, est poussé de l’avant, au détriment des autres sports, bien évidemment.

Les chiffres, s’ils étaient auparavant colossaux, deviennent titanesques et le prix d’une retransmission télévisée d’une soirée n’est plus scandaleux : il porte dans sa démesure la marque de la Bête et de son image « animée ». D’ailleurs, la télévision elle-même véhicule cet esprit antéchrist de la « Bête » : elle donne au téléspectateur l’impression d’avoir été rendu participant d’un événement, alors qu’il n’a lui-même rien vu. Son œil vagabond a flotté au gré de ce qu’a bien voulu lui montrer le réalisateur, grand manipulateur et sorcier des images.

Indécentes aussi sont les sommes empochées par les sportifs, qui gagnent en un mois (et nul ne s’en offusque désormais) ce que le travailleur moyen gagne en une vie de dur labeur. Le sportif et son équipe sont des marchandises aux mains d’entreprises aux tentacules mondiales, et ils en arborent les logos. Comme nous l’avons dit, il y a bien communion d’esprit entre l’entrepreneuriat mondain et le sport : victoire et réussite sont leur mot d’ordre, et le fort doit toujours écraser le faible. Nous sommes bien loin de la saine activité physique où « l’essentiel est de participer ».

Par ses bandeaux publicitaires, cette guerre économique désire gagner les cœurs en les pénétrant par la porte des yeux et amorcer la convoitise… pour un produit qui pourrait tout aussi bien être un plat de lentilles. C’est Babylone dans toute sa splendeur, puisque notre raison d’être dans une société de consommation est de consommer pour que la machine continue de fonctionner ! Et Pierre de Coubertin l’a bien dit : « Il est certain que le temps présent a besoin du sport. »

Conclusion

Le monde court à sa perte, et nous le savons. Le concert des nations, qui sont plus nombreuses à faire partie de la FIFA (Fédération internationale de football association) que de l’ONU, atteindra son apothéose lorsque l’Antéchrist viendra en prendre lui-même la direction, après un chaos apparent mais savamment orchestré.

C’est notre vision du monde, et elle ne vient pas de nous, mais de la Bible, que nous savons vraie, quoiqu’en disent les soi-disant sages de ce siècle. N’hésitons pas à le dire : Le sport ne rassasiera jamais vraiment les âmes, mais Jésus-Christ est vivant et tout-puissant. Pierre de Coubertin est mort, vive Dieu !

Lire également :

>>> Qui se soucie de 30.000 à 60.000 esclaves sexuelles qui seront importées en Allemagne pour FIFA 2006? (blogdei, 2006)

>>> Le football, une peste émotionnelle (voxdei, 2006)

"Dingue" de Jésus, en chemin avec Lui depuis 34 ans, pionnier du web chrétien depuis 25 ans, père de 6 enfants, Nicolas habite en région bordelaise. Il est connu pour ses blogs d'investigation, ses interviews sans concession et ses chroniques radio conservatrices.

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