Mes conseils aux créateurs de contenus bibliques sur Internet

On peut AUSSI marcher par la foi dans le domaine de la communication chrétienne sur le Net. Voici 4 problèmes éthiques que soulève la monétisation et 5 avantages du copyleft...

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Créateurs de contenus web, soyons des hommes et des femmes de FOI. J’ai créé une vidéo qui m’a coûté environ 3 heures de travail. Cette vidéo fait un tout petit « buzz » sur Youtube. Si j’avais activé la monétisation, elle m’aurait rapporté 2,65$. Je comprends la tentation des créateurs de contenus, mais pour nous, chrétiens, la monétisation pose au moins 4 problèmes éthiques de taille – outre l’agacement d’avoir une « coupure publicitaire » en plein milieu d’un programme chrétien :

1Jésus nous dit de « donner gratuitement ». Il le fait pour que nos motivations restent pures et notre dépendance à Lui totale. Dans le manque, on reste humbles, n’est-ce pas ? La prière du Notre Père « donne-nous notre pain de ce jour » prend tout son relief. Le manque nous pousse à genoux et nous force à sonder nos coeurs, jour après jour.

2 Nos actes parlent plus fort que nos paroles. Nous disons être des gens de FOI, mais en plus d’être laide, gênante et parfois inappropriée, la coupure de pub indique sous quel esprit nous sommes placés : nous parlons de foi mais ne MANIFESTONS pas la foi que nous professons. Dans une époque où la FOI devient rare, nous risquons de n’avoir plus que « l’apparence de la foi en ayant renié ce qui en fait la force ».

3 Lorsque l’on fait payer les gens, ils deviennent des « clients ». Et nous courrons le risque de chercher à leur plaire, leur caresser les oreilles. Nous risquons de perdre notre liberté de parole et d’être liés par l’argent et les cadeaux qui nous entretiennent. Pour plaire aux hommes, nous cesserions d’être serviteurs de Dieu.

4 Lorsque l’on est sponsorisé, on perd notre indépendance. Pire, on risque de se rendre complice de promouvoir des erreurs. Une publicité qui intervient dans notre vidéo ou notre contenu, c’est une porte. Et une porte s’ouvre dans les deux sens : une personne bénie peut se retrouver envoyée dans les filets de quelqu’un de malhonnête ou d’une fausse doctrine, ou d’un objet qui va le faire succomber à la convoitise – car nous savons que la publicité fonctionne avec l’esprit de convoitise qui rentre dans le coeur par les yeux, comme dit Jacques. Notre responsabilité serait engagée.

Je recommande en outre aux créateurs de contenus bibliques, en accord avec la Bible, de renoncer au copyright. Le « copyleft » vous permet 5 choses à mon avis :

1 D’avoir une excellente occasion de mourir à vous-même lorsque quelqu’un reprend, sans vous citer, vos propos. « S’ils ont gardé ma parole », dit Jésus, « ils garderont la vôtre ». Et Il poursuit : « S’ils ont traité le Maître de démon », ils feront de même avec ses disciples ! Et soyons honnêtes, c’est pour la gloire de Dieu que vous faites les choses. Si donc l’on reprend votre travail fait pour Dieu, c’est Dieu qui reste glorifié. Vous n’éprouvez qu’un sentiment accru de joie ? Puisque l’Esprit vous a inspiré, qu’on reprenne vos oeuvres ne vous concerne pas. J’ai raison ou j’ai raison ?

2 De libérer vos écrits, vos oeuvres et de les abandonner aux puissants courants de la mondialisation. Prenons la Bible la plus imprimée dans le monde francophone, la LSG1910. Elle l’est parce qu’elle est formidable, mais surtout parce qu’elle est libre de tous droits. Un projet géré par un humain sera limité dans sa taille, sa portée et ses moyens. Un projet pris en charge totalement par le Seigneur pourra dépasser nos attentes en terme de portée et de volume. On ira démerveillement en émerveillement, au lieu de ne distiller qu’au compte goutte, enfermée dans un « cercueil de papier » de 120 pages, une révélation qui nous a été confiée par le Seigneur pour Son corps, et pas pour que nous en devenions le gestionnaire frileux ou, pire, cupide ! « Soli Deo Gloria », signait Jean-Sébastien Bach. Plusieurs siècles après sa mort, il reste le musicien le plus copié.

3 De laisser au Seigneur le soin de vous rémunéer Lui-même à votre juste valeur. Car il est difficile, en matière spirituelle, de définir le prix d’une chose. Pour être honnêtes et pour prendre le seul exemple de la musique, il faudrait rémunérer vos professeurs, les gens qui vous ont inspirés, etc. Dieu n’étant « débiteur de personne », Il se chargera de vous rembourser vos frais, soyez-en assurés. Et même au-delà de toute mesure. Si l’on devient chagrin et grognon, c’est peut-être parce qu’on manque de FOI véritable ou que Dieu veut attirer notre attention en fermant le robinet (voir point 5).

4 De donner accès libre à ceux qui ont de petits moyens. C’est la psychologie qui dit qu’il faut payer pour consommer un service « psychique ». Dieu a payé le prix fort pour que les enfants que nous sommes soient libérés. « Ce n’est pas aux enfants d’amasser pour leurs parents », dit Paul. « L’inférieur est béni par le supérieur », précise Hébreux. La discrimination par l’argent pose des barrière alors que Dieu nous demande de les enlever, ces barrières, ces pierres du chemin et de TOUT faire pour que l’évangile soit le plus accessible possible.

5 De vous amender si vous faites fausse route. Si le Seigneur ferme le robinet, il est temps d’aller forer ou « déboucher un autre puits », d’aller défricher un « champ nouveau ». Le manque permet au Seigneur de ramener notre attention sur l’essentiel ou lieu de nous perdre dans l’accessoire, les fioritures, la décoration et le train-train. Et vos actes seront un formidable exemple pour les autres que LA FOI, CA MARCHE ! Ils se lèveront à leur tour avec zèle et enthousiasme.

Je sais qu’avec ce genre de discours totalement à contre-courant, je prêche dans le désert, « tout seul dans mon auto » (comme vous pouvez le voir sur ma chaîne Youtube). Mais Dieu cherche des hommes et des femmes de FOI, animés d’un autre Esprit, pour percuter notre culture en libérant l’Esprit de Dieu sans que jamais on puisse les accuser de corruption et de chercher à gagner de l’argent avec les choses saintes (« simonie »). A bon entendeur, salut.

"Dingue" de Jésus, en chemin avec Lui depuis 34 ans, pionnier du web chrétien depuis 25 ans, père de 6 enfants, Nicolas habite en région bordelaise. Il est connu pour ses blogs d'investigation, ses interviews sans concession et ses chroniques radio conservatrices.

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